Aqui.fr du 26/01/15 « Les maîtres du verre travaillent en réseau »

Plus le produit est spécifique, plus il lui plaît.

 

Installée au cœur de la campagne béarnaise, l’entreprise Verrehaget s’est fait une spécialité du mouton à cinq pattes.

Les verres techniques et innovants que cette PME d’Hagetaubin réalise pour des clients répartis dans le monde entier sont aussi bien utilisés dans l’industrie du cinéma que dans l’aéronautique, la parfumerie, les milieux artistiques, ou les maisons d’arrêt. Pour ne citer que quelques exemples. Un métier de niche qui doit beaucoup à l’ouverture d’esprit de Christian Buée, un chef d’entreprise pour lequel la curiosité n’est surtout pas un défaut.

 

La tradition a beau être ancienne, tous savoir-faire confondus, il n’existe aujourd’hui que 70 verriers en France. Une profession qui, de tout temps, a entretenu le goût de la discrétion. « C’est du chacun pour soi, et du chacun dans son domaine : la soudure verre-métal, l’optique, le soufflage, le filage. Les verriers communiquent très peu entre eux » explique ce passionné, qui a eu la chance de voir ses premiers pas dans le métier être guidés par un ancien de la Corning, inventeur du Pyrex.
« Je suis un homme de réseau et de contact » ajoute Christian Buée. Celui-ci a donc développé « la » bonne idée : mettre les compétences de ses interlocuteurs en commun. Et s’appuyer sur cette communauté pour travailler, à chaud ou à froid, des produits verriers très spéciaux, à partir d’une matière première qu’il va chercher dans différents pays.

 

Du plateau de télévision à la seringue

 

Cela concerne les verres optiques, mais aussi la vitrocéramique, ou le verre sodocalcique destiné au flaconnage et au luminaire. La PME s’intéresse également au borosilicate, souvent utilisé pour le matériel de laboratoire et l’industrie de pointe. Sans oublier des tubes, baguettes, blocs et plaques de quartz employés, entre autres, pour l’isolation électrique et thermique.
Les usages de ces produits fabriqués en petites série sont parfois très particuliers. « Avec un studio d’éclairage, nous avons par exemple développé un verre empêchant les acteurs qui évoluent sur les plateaux de télévision d’être grillés par le rayonnement infrarouge des lampes quartz.
Éléments intégrés dans les œilletons de cellules de prison, fusibles spéciaux « que personne ne veut faire », flacon à la conception ultra-technique imaginé par un designer, seringues destinées au marché médical, pièces d’appareils de contrôle envoyées à un géant de l’aéronautique… La gamme est large pour cette PME qui travaille aujourd’hui avec 1 700 clients dans le monde, et a doublé son chiffre d’affaires en dix ans.

 

Un développement constant

 

L’entreprise béarnaise fournit aussi toute la France en verre de couleur destiné aux réalisations artistiques, et elle ne compte pas s’en tenir là. Au cours des années qui viennent, elle envisage d’automatiser une partie de sa production pour des pièces spécifiques, « tout en restant sur du verre technique ». Ce qui l’aiderait à réaliser des séries plus importantes.
L’équipe de 5 salariés répartis dans les trois sociétés que son activité englobe (négoce, fabrication, promotion) devrait également s’étoffer. Des soutiens accordés par la Communauté de communes de Lacq-Orthez et le Conseil général sont venus accompagner récemment cette volonté de développement. « La contrepartie, c’était l’embauche ».
Quant à sa situation en pleine campagne, elle ne lui pose aucun problème. « Internet a résolu bien des choses » explique Christian Buée, tombé amoureux avec sa famille du coin de Béarn dans lequel il venait prendre ses vacances, lorsqu’il était encore parisien. « Les enfants ne voulaient plus s’en aller ».

 

Source : http://www.aqui.fr/economies/hagetaubin-les-maitres-du-verre-travaillent-en-reseau,11442.html?rss&utm_source=aqui&utm_medium=rss&utm_campaign=28-01-2015